Maladies Animales

Publié le par Jean Marc

  • PESTE BOVINE
  • ÉTIOLOGIE
  • Classification de l'agent causal
  • Virus de la famille des Paramyxoviridés, du genre Morbillivirus
  • Résistance aux agents physiques et chimiques
  • Température :  Même en petites quantités, les virus résistent à 56°C/60 mn ou 60°C/30 mn
    pH :  Stable aux pH compris entre 4,0 et 10,0
    Agents chimiques :  Sensible aux solvants des lipides
    Désinfectants :  Sensible à la plupart des désinfectants classiques (phénol, crésol, hydroxyde de sodium à 2%/24 h à raison de 1 litre/m2)
    Résistance :  Longue résistance dans les tissus réfrigérés ou congelés

  • ÉPIDÉMIOLOGIE
  • Morbidité élevée, mortalité très importante pour les souches virulentes, variable pour les souches peu virulentes
  • Hôtes
  • Bovins, zébus, buffles domestiques et nombreuses espèces sauvages : buffles d'Afrique, élands du Cap, koudous, gnous, diverses antilopes, potamochères, phacochères, girafes, etc.
  • Les ovins et les caprins sont sensibles
  • Les porcs asiatiques semblent plus sensibles que les porcs africains et européens
  • La peste bovine est rare chez les camélidés
  • Aucune prédisposition liée à l'âge ou au sexe
  • Transmission
  • Contact direct ou indirect étroit
  • Sources de virus
  • L'excrétion des virus commence 1 à 2 jours avant l'hyperthermie (larmes, sécrétions nasales, salive, urine et matières fécales)
  • Le sang et tous les tissus sont infectieux avant l'apparition des signes cliniques
  • Contamination par l'épithélium des voies respiratoires supérieures ou inférieures
  • Pas de portage du virus
  • Répartition géographique
  • Le virus ne s'est jamais établi sur le continent américain, ni en Australie ou en Nouvelle-Zélande. Sa distribution est limitée dans les autres parties du monde. En Afrique, il a été éradiqué de plusieurs pays et sous-régions ; en principe, il est absent des parties septentrionales et australes du continent. La peste bovine est présente au Moyen-Orient ainsi que dans le Sud-Ouest et le centre de l'Asie.
  • Pour obtenir des informations plus complètes, se référer aux numéros récents de Santé animale mondiale et du Bulletin de l'OIE.
  • DIAGNOSTIC
  • La période d'incubation varie entre 3 et 15 jours.
  • Diagnostic clinique
  • Forme classique : quatre stades
  • Période d'incubation
  • Période fébrile (40-42°C) avec dépression, anorexie, réduction de la rumination, augmentation de la fréquence respiratoire et cardiaque
  • Congestion des muqueuses (orale, nasale, oculaire et génitale)
    • larmoiement mucopurulent intense et salivation abondante
    • anorexie, nécrose et érosion de la muqueuse buccale
    • cette phase dure 2 à 3 jours
  • Les signes gastro-intestinaux apparaissent lorsque la fièvre cède : diarrhée hémorragique profuse contenant des débris muqueux et nécrotiques. Ténesme sévère. Déshydratation, douleur abdominale, respiration abdominale, asthénie musculaire, décubitus et mort en 8 à 12 jours. Dans de rares cas, les signes cliniques régressent vers le 10e jour et la convalescence intervient entre les jours 20 et 25.
  • Forme suraiguë
  • Pas de signes prodromiques, forte hyperthermie (>40-42°C), parfois congestion des muqueuses et mort. Cette forme survient chez les animaux jeunes et nouveau-nés qui sont très sensibles.
  • Forme subaiguë
  • Signes cliniques limités à un ou plusieurs signes classiques. Faible mortalité.
  • Forme atypique
  • Hyperthermie possible, parfois légère diarrhée. La nature lymphotrope du virus de la peste bovine favorise la recrudescence des infections latentes et/ou accroît la sensibilité aux autres agents infectieux.
  • Ovins, caprins et porcins
  • Hyperthermie et anorexie variables
  • Diarrhée possible
  • Porcs
  • Hyperthermie, prostration, conjonctivite, érosions de la muqueuse buccale, mort
  • Lésions
  • Zones de nécrose et d'érosions ou congestion et hémorragie dans la bouche, les intestins et les voies respiratoires supérieures
  • Tuméfaction et oedème des ganglions lymphatiques
  • Foyers nécrotiques blancs des plaques de Peyer
  • "Zébrures" du gros intestin
  • Étésie et déshydratation
  • Diagnostic différentiel
  • Bovins
  • Fièvre aphteuse
  • Diarrhée virale bovine/maladie des muqueuses
  • Rhinotrachéite infectieuse bovine
  • Fièvre catarrhale maligne
  • Stomatite vésiculeuse
  • Salmonellose
  • Nécrobacillose
  • Paratuberculose
  • Intoxication arsenicale
  • Petits ruminants
  • Peste des petits ruminants
  • Diagnostic biologique
  • Procédures
  • Identification de l'agent
  •     Détection de l'antigène
  • Immunodiffusion en gélose
  • Test direct et indirect à l'immunoperoxydase
  • Contre-immunoélectrophorèse
  • Immunohistopathologie
  •     Isolement et identification du virus
    • Isolement du virus
    • Neutralisation virale
    • Coloration à l'immunoperoxydase
    sur cellules VERO ou de rein de bovin
  •     Détection de l'ARN viral
  • Sondes à ADNc spécifiques de la peste bovine
  • Amplification en chaîne par polymérase (PCR)
  •     Tests sérologiques
    • ELISA
    • Test de neutralisation virale
    (épreuves prescrites dans le Manuel)

  • Prélèvements
  • Sang total stérile conservé dans l'héparine (10 UI/ml) ou l'EDTA (0,5 mg/ml) et transporté au laboratoire sous glace (pas de congélation)
  • Rate, ganglions lymphatiques préscapulaires ou mésentériques d'animaux morts (refroidissement en dessous de 0°C)
  • Sécrétions oculaires et nasales d'animaux infectés durant la phase prodromique ou érosive

  • PRÉVENTION ET TRAITEMENT
  • Pas de traitement
  • Prophylaxie sanitaire
  • Isolement ou abattage des animaux malades ou ayant été au contact de ceux-ci
  • Destruction des cadavres
  • Désinfection
  • Protection des zones indemnes
  • Prophylaxie médicale
  • Les vaccins préparés à partir de virus atténués en culture cellulaire sont hautement efficaces.
  • Le vaccin couramment utilisé est une souche atténuée du virus de la peste bovine ; dans certains pays, on utilise un vaccin bivalent contre la peste bovine et la péripneumonie contagieuse bovine.
  • L'immunité est d'au moins 5 ans et dure probablement toute la vie ; la revaccination annuelle est recommandée pour obtenir un pourcentage élevé d'animaux immunisés dans une zone donnée.
  • Des vaccins recombinants thermostables préparés par génie génétique font actuellement l'objet d'essais préliminaires sur le terrain.
  • Surveillance
  • Les Normes recommandées pour les systèmes de surveillance épidémiologique de la peste bovine ont été élaborées par une consultation d'experts de l'OIE et approuvées par le Comité international lors de la 66e Session générale.

  • BIBLIOGRAPHIE
  • Classé comme une maladie de la Liste A (A040)
    • Autres références - voir Index
  • Santé animale mondiale de l'OIE.
  • Situation zoosanitaire (Informations sanitaires, peste bovine)
  • Normes recommandées pour les systèmes de surveillance épidémiologique de la peste bovine
  •  
    • PESTE PORCINE AFRICAINE
    • ÉTIOLOGIE
    • Classification de l'agent causal
    • Virus à ADN non classé à ce jour. Il possède les caractéristiques d'un Iridovirus et d'un Poxvirus.
    • Résistance aux agents physiques et chimiques
    • Température :  Hautement résistant aux températures élevées, inactivé par la chaleur à 56°C/70 mn ou 60°C/20 mn
      pH :  Inactivé à pH <3,9 ou >11,5 dans un milieu exempt de sérum ; le sérum accroît la résistance du virus (à pH 13,4 par exemple, la résistance atteint 21 heures sans sérum et 7 jours avec sérum)
      Agents chimiques :  Sensible à l'éther et au chloroforme
      Désinfectants :  Inactivé par l'hydroxyde de sodium à 8/1 000 (30 mn), les hypochlorites - chlore à 2,3 % (30 mn), le formol à 3/1 000 (30 mn), l'ortho-phénylphénol à 3 % (30 mn) et les composés iodés
      Résistance :  Résistance prolongée dans le sang, les fèces et les tissus ; peut se multiplier dans les vecteurs

    • ÉPIDÉMIOLOGIE
    • Hôtes
    • Porcs, phacochères, potamochères, sangliers d'Europe, pécaris ; prédisposition liée à l'espèce : les porcins sauvages africains (phacochères et potamochères) présentent généralement des infections inapparentes
    • Transmission
    • Transmission directe :
      • contact entre animaux malades et animaux sains
    • Transmission indirecte :
      • consommation de déchets contenant de la viande contaminée
      • vecteurs biologiques : Argasidés du genre Ornithodoros (tiques)
      • objets : locaux, véhicules, instruments, vêtements
    • Sources de virus
    • Sang, tissus, sécrétions et excrétions des animaux malades ou morts
    • Les animaux peuvent être porteurs, notamment les porcins sauvages africains et les porcs domestiques des régions enzootiques
    • Argasidés du genre Ornithodorus (tiques)
    • Répartition géographique
    • La peste porcine africaine est enzootique dans la plupart des pays de l'Afrique sub-saharienne. En Europe, elle a été signalée dans la péninsule ibérique et en Sardaigne. Elle est apparue dans quatre pays d'Amérique du Sud et des Caraïbes mais a été éradiquée.
    • Pour obtenir des informations plus complètes, se référer aux numéros récents de Santé animale mondiale et du Bulletin de l'OIE.

    • DIAGNOSTIC
    • La période d'incubation varie entre 5 et 15 jours.
    • Diagnostic clinique
    • Forme aiguë (virus hautement virulents)
    • Hyperthermie (40,5-42°C)
    • Leucopénie et thrombopénie précoces (48-72 heures)
    • Rougeur cutanée (porcs à peau claire) - extrémité des oreilles, queue, parties distales, face ventrale du thorax et de l'abdomen
    • Anorexie, léthargie, cyanose et troubles de la coordination, 24 à 48 heures avant la mort
    • Augmentation du pouls et de la fréquence respiratoire
    • Vomissements, diarrhées (parfois sanguinolentes) et écoulements oculaires possibles
    • Mort dans les 6 à 13 jours, au maximum dans les 20 jours
    • Avortement possible chez les femelles gravides
    • Les survivants sont porteurs du virus à vie
    • Chez les porcs domestiques, la mortalité est souvent proche de 100 %
    • Forme subaiguë (virus modérément virulents)
    • Symptômes moins intenses
    • La maladie dure 5 à 30 jours
    • Avortement chez les femelles gravides
    • Mort en 15 à 45 jours
    • Mortalité plus faible (forte variation, entre 30 et 70 % par exemple)
    • Forme chronique
    • Signes variables : perte de poids, pics thermiques non systématiques, signes respiratoires, nécrose de certaines zones cutanées, ulcérations cutanées chroniques, arthrite
    • Péricardite, adhérences pulmonaires, gonflement des articulations
    • La maladie se développe en 2 à 15 mois
    • Faible mortalité
    • Lésions
    • Forme aiguë (selon les prélèvements, toutes les lésions ne sont pas visibles)
    • Hémorragies massives dans les ganglions lymphatiques gastro-hépatiques et rénaux
    • Pétéchies rénales (cortex, substance médullaire et bassinet)
    • Splénomégalie congestive
    • Zones oedématiées de cyanose sur les parties glabres
    • Ecchymoses cutanées sur les pattes et l'abdomen
    • Excédent de liquide pleural, péricardique et/ou péritonéal
    • Pétéchies des muqueuses du larynx et de la vessie ainsi que sur les surfaces viscérales des organes
    • Oedème des structures mésentériques du côlon et adjacentes à la vésicule biliaire ; oedème pariétal de la vésicule biliaire
    • Forme chronique
    • Possibilité de foyers de nécrose caséeuse et de minéralisation pulmonaire
    • Tuméfaction des ganglions lymphatiques
    • Diagnostic différentiel
    • Peste porcine classique. Ni l'examen clinique, ni l'autopsie ne permettent de différencier la peste porcine africaine de la peste porcine classique. Il est indispensable d'adresser des prélèvements au laboratoire pour examen.
    • Rouget
    • Salmonellose
    • Pasteurellose
    • Toutes les infections septicémiques
    • Diagnostic biologique
    • Procédures
    • Identification de l'agent
    • Isolement :
      • Inoculation sur cultures cellulaires (cultures primaires de monocytes ou de cellules de moelle osseuse de porc - la plupart des prélèvements provoquent une hémadsorption)
      • Inoculation chez des porcs - vaccinés et non vaccinés contre la peste porcine classique
      • Détection de l'antigène par immuno-fluorescence directe
      • Détection du génome viral par amplification en chaîne par polymérase (PCR)
    • Diagnostic sérologique
    • Tests spécifiques du groupe
      • ELISA (épreuve prescrite dans le Manuel)
      • Immunofluorescence indirecte
      • Immunoblotting (test de confirmation)
      • Contre-immunoélectrophorèse (uniquement pour le dépistage dans les populations importantes)
    • Tests spécifiques du type : il n'en existe aucun pour l'utilisation courante
    • Prélèvements
    • Identification de l'agent
    • Sang recueilli durant le stade fébrile précoce, additionné à de l'héparine (10 UI/ml) ou de l'EDTA (0,5 %)
    • Petits échantillons (2-5 g) de rate, de rein et de ganglion lymphatique, conservés à 4°C
    • Tests sérologiques
    • Sérum recueilli 8 à 21 jours après l'infection chez des animaux convalescents
    • PRÉVENTION ET TRAITEMENT
    • Pas de traitement
    • Pas de vaccin à ce jour
    • Prophylaxie sanitaire
    • Pays indemnes
    • Politique d'importation prudente pour les animaux et les produits d'origine animale
    • Élimination correcte des déchets alimentaires retirés des avions ou des navires en provenance des pays infectés
    • Stérilisation efficace des déchets
    • Foyers
    • Abattage rapide impératif de tous les porcs et élimination correcte des cadavres et des litières
    • Nettoyage soigneux et désinfection complète
    • Identification de la zone infectée et contrôle du déplacement des porcs
    • Recherche épidémiologique approfondie avec remontée à toutes les sources en amont et recherche de toutes les contaminations possibles en aval
    • Surveillance de la zone infectée et de la région environnante
    • Pays infectés
    • Éviter les contacts entre porcs et tiques (Argasidés) en Afrique (ne pas laisser errer les porcs)

    • BIBLIOGRAPHIE
    • Classé comme une maladie de la Liste A (A120)
      • Autres références - voir Index
    • Santé animale mondiale de l'OIE.
    • Situation zoosanitaire (Informations sanitaires)
      • DERMATOSE NODULAIRE CONTAGIEUSE
      • ÉTIOLOGIE
      • Classification de l'agent causal
      • Virus de la famille des Poxviridés, du genre Capripoxvirus
      • Résistance aux agents physiques et chimiques
      • Température :  Sensible à 55°C/2 h ou à 65°C/30 mn
        pH :  Sensible aux pH fortement basiques ou acides
        Agents chimiques :  Sensible à l'éther (20 %), au chloroforme, au formol (1 %) et à certains détergents tels que le dodécylsulfate de sodium
        Désinfectants :  Sensible au phénol (2 %/15 mn)
        Résistance :  Résiste sur de longues périodes à température ambiante, notamment dans les croûtes desséchées

      • ÉPIDÉMIOLOGIE
      • Morbidité de 5 à 85%
      • Mortalité très variable
      • Hôtes
      • Bovins (Bos taurus, zébus, buffles domestiques)
      • Oryx (Oryx beisa), girafes (Girafa camelopardalis) et impalas (Aepyceros melampus) sont des espèces sensibles aux infections expérimentales mais le rôle de la faune sauvage reste à définir. Le virus de la dermatose nodulaire contagieuse se réplique également chez les ovins et les caprins après inoculation expérimentale.
      • Transmission
      • Pas de transmission en l'absence d'insectes vecteurs. Bien qu'aucun vecteur spécifique n'ait été identifié à ce jour, il est possible que les moustiques (Culex mirificens et Aedes natrionus) et les diptères (Stomoxys calcitrans et Biomyia fasciata) jouent un rôle essentiel.
      • Sources de virus
      • Peau et lésions cutanées (les virus peuvent survivre pendant 40 jours dans les lésions), croûtes
      • Salive, jetage nasal
      • Lait
      • Semence
      • Muscles
      • Rate
      • Ganglions lymphatiques
      • Il n'existe pas de porteur de virus
      • Répartition géographique
      • Jusqu'en 1988, la maladie restait confinée à l'Afrique sub-saharienne mais elle s'est propagée à l'Egypte par la suite. En 1995, un seul foyer confirmé par laboratoire a été enregistré hors d'Afrique. Il s'agit d'un foyer survenu en 1989 en Israël ; il a été éradiqué par abattage de tous les bovins infectés ou ayant été en contact avec ceux-ci, ainsi que par la vaccination.
      • Pour obtenir des informations plus complètes, se référer aux numéros récents de Santé animale mondiale et du Bulletin de l'OIE.
      • DIAGNOSTIC
      • La période d'incubation est d'environ 12 jours.
      • Diagnostic clinique
      • Les symptômes de la dermatose nodulaire contagieuse peuvent être inapparents, mais parfois sévères
      • Hyperthermie (40-41,5°C) passagère ou persistant sur deux semaines
      • Tuméfaction ou présence de nodules cutanés de 1 à 5 cm de diamètre ou plus ; généralisation très fréquente
      • Dépression, anorexie, hypersalivation, écoulement oculo-nasal, agalaxie et émaciation
      • Nodules douloureux, notamment au niveau du museau, des narines, du dos, des pattes, du scrotum, du périnée, des paupières, de la base des oreilles et de la queue ainsi qu'au niveau de la muqueuse nasale et buccale ; les nodules s'étendent à toute la peau, aux tissus sous-cutanés et parfois à l'appareil musculaire ; lorsque la maladie évolue, ils deviennent nécrotiques et se transforment parfois en croûtes épaisses
      • Boiterie due à l'inflammation et à la nécrose des tendons et à un oedème sévère au niveau de la poitrine et des pattes
      • Les ganglions lymphatiques superficiels qui drainent les zones infectées peuvent atteindre un volume 4 à 10 fois supérieur à la normale
      • Complications :
        • Infection bactérienne secondaire des trayons (lésions qui peuvent entraîner une mammite sévère et une perte du quartier)
        • Infection bactérienne secondaire des tendons et des articulations pouvant entraîner une boiterie permanente
        • Avortement, infection intra-utérine et stérilité temporaire possibles chez les taureaux et les vaches
      • Lésions
      • Nodules s'étendant à toutes les couches de la peau, aux tissus sous-cutanés et souvent à la musculature adjacente, avec congestion, hémorragie, oedème, vasculite et nécrose
      • Tuméfaction des ganglions lymphatiques drainant les régions touchées par la prolifération lymphoïde, l'oedème, la congestion et l'hémorragie
      • Lésions papuleuses de la muqueuse de la cavité buccale et de la cavité nasale, et parfois du pharynx, de l'épiglotte et de la trachée
      • Oedème et zones d'atélectasie lobulaire en foyer dans les poumons
      • Pleurite avec tuméfaction des ganglions lymphatiques médiastinaux, dans les cas sévères
      • Synovite et ténosynovite avec présence de fibrine dans le liquide synovial
      • Possibilité de lésions papuleuses dans les testicules et la vessie
      • Diagnostic differentiel
      • Pseudo-dermatose nodulaire contagieuse
      • Mammite herpétique bovine
      • Dermatophilose
      • Teigne
      • Piqûres d'insectes ou de tiques
      • Besnoïtiose
      • Peste bovine
      • Démodécie
      • Infection à Hypoderma bovis
      • Photosensibilisation
      • Stomatite papuleuse bovine
      • Urticaire
      • Tuberculose cutanée
      • Onchocercose
      • Diagnostic biologique
        Procédures
      • Identification de l'agent
      • Microscopie électronique
      • Inoculation d'une culture cellulaire primaire de testicule d'agneau ou de veau puis :
        • examen au microscope
        • coloration à l'hématoxyline-éosine des corps d'inclusion intracytoplasmiques
        • immunofluorescence directe
        • neutralisation virale
        • ELISA
      • Tests sérologiques
      • Test d'immunofluorescence indirecte
      • Neutralisation virale
      • ELISA
      • Prélèvements
      • Identification de l'agent
      • Biopsie cutanée sur une lésion précoce :
        • une partie est fixée pour l'examen histopatho-logique
        • une partie est placée dans un milieu de transport et utilisée pour l'isolement du virus (voir Manuel)
      • Lésions (même croûtes sèches) prélevées sur la peau, le tissu conjonctif sous-cutané ou l'oropharynx chez les animaux morts
      • Tests sérologiques
      • Sérums recueillis lors de la phase aiguë ou de la convalescence puis congelés
      • PRÉVENTION ET TRAITEMENT
      • Il n'existe aucun traitement spécifique. Une antibio-thérapie massive peut éviter une infection secondaire.
      • Prophylaxie sanitaire
      • Pays indemnes : surveillance des importations de bétail, de carcasses, de cuirs, de peaux et de semence
      • Pays infectés :
        • quarantaine stricte pour éviter l'introduction d'animaux infectés dans les troupeaux indemnes
        • en cas de foyer, isolement des animaux et interdiction des déplacements
        • abattage de tous les animaux malades et infectés (dans toute la mesure du possible)
        • élimination correcte des animaux morts (incinération)
        • désinfection des locaux et des outils
        • lutte contre les vecteurs présents dans les locaux et sur les animaux
      • À l'exception de la vaccination, les mesures prophylactiques sont généralement inefficaces
      • Lutte contre les vecteurs dans les navires et les avions fortement recommandée
      • Prophylaxie médicale
      • Vaccin à virus atténué homologue :
        • souche Neethling : immunité durant jusqu'à 3 ans
      • Vaccin à virus atténué hétérologue :
        • vaccin contre la clavelée mais pouvant provoquer des réactions locales parfois sévères
        • suivre les instructions du fabricant ; non recommandé dans les pays indemnes de clavelée et de variole caprine

      • BIBLIOGRAPHIE
      • Classé comme une maladie de la Liste A (A070)
      • Santé animale mondiale de l'OIE.
      • Situation zoosanitaire (Informations sanitaires)
        • FIÈVRE APHTEUSE
        • ÉTIOLOGIE
        • Classification de l'agent causal
        • Virus de la famille des Picornaviridés, du genre Aphthovirus.
          Il existe 7 sérotypes immunologiques distincts : A, O, C, SAT1, SAT2, SAT3, Asia1.
        • Résistance aux agents physiques et chimiques
        • Température :  Préservé par la réfrigération et la congélation et progressivement inactivé par les températures supérieures à 50°C.
          pH :  Inactivé à pH <6,0 ou >9,0.
          Désinfectants :  Inactivé par l'hydroxyde de sodium (2 %), le carbonate de sodium (4 %) et l'acide citrique (0,2 %). Résiste aux iodophores, aux ammoniums quaternaires, aux hypoclorites et au phénol, surtout en présence de matières organiques.
          Résistance :  Résiste dans les ganglions lymphatiques et la moelle osseuse à pH neutre mais est détruit dans les muscles à pH <6,0, c'est-à-dire après apparition de la rigidité cadavérique ; virulence persistante jusqu'à un mois dans les aliments contaminés et dans l'environnement (variable selon la température et le pH).

        • ÉPIDÉMIOLOGIE
        • L'une des maladies animales les plus contagieuses, entraînant des pertes économiques importantes.
        • Mortalité faible chez les adultes mais souvent élevée chez les jeunes par suite d'une myocardite.
        • Hôtes
        • Bovidés (bovins, zébus, buffles domestiques, yaks), ovins, caprins, porcins, tous les ruminants sauvages et les suidés. Les camélidés (chameaux, dromadaires, lamas, vigognes) sont peu sensibles.
        • Transmission
        • Contact direct ou indirect (gouttelettes).
        • Vecteurs vivants (personnes, etc.).
        • Vecteurs inanimés (véhicules, outils).
        • Virus véhiculés par l'air, notamment dans les zones tempérées (jusqu'à 60 km sur la terre et 300 km en mer).
        • Sources de virus
        • Animaux en période d'incubation ou cliniquement atteints.
        • Air expiré, salive, fèces et urine ; lait et semence (jusqu'à 4 jours avant les signes cliniques).
        • Viande et produits dérivés si le pH est resté supérieur à 6,0.
        • Porteurs : bovins et buffles domestiques notamment ; animaux convalescents et vaccinés exposés (le virus persiste dans l'oropharynx jusqu'à 30 mois chez les bovins, davantage chez les buffles, et 9 mois chez les ovins). Le buffle d'Afrique est le principal hôte des sérotypes SAT.
        • Répartition géographique
        • La fièvre aphteuse est endémique dans certaines parties de l'Asie, de l'Afrique, du Moyen-Orient et de l'Amérique du Sud (foyers sporadiques dans les zones indemnes).
        • Pour obtenir des informations plus complètes, se référer aux numéros récents de Santé animale mondiale et du Bulletin de l'OIE.
        • DIAGNOSTIC
        • La période d'incubation varie entre 2 et 14 jours.
        • Diagnostic clinique
        • Bovins
        • Hyperthermie, anorexie, tremblements et diminution de la production de lait pendant 2 à 3 jours, puis :
        • mouvement des lèvres, grincement de dents, ptyalisme, boiterie, piétinement ou coups de sabot, provoqués par les vésicules (aphtes) qui se développent sur la muqueuse buccale et nasale et/ou dans les espaces interdigités et sur le bourrelet podal ;
        • rupture des vésicules au bout de 24 heures, laissant la place à des érosions ;
        • les vésicules peuvent aussi apparaître sur les mamelles.
        • La guérison survient généralement en 8 à 15 jours.
        • Complications : érosions de la langue, surinfection des lésions, déformation des sabots, mammite et diminution permanente de la production laitière, myocardite, avortement, mort des jeunes animaux, perte de poids persistante, défaut de la régulation thermique (halètement).
        • Ovins et caprins
        • Lésions moins prononcées. Les lésions podales peuvent passer inaperçues. Lésions du bourrelet gingival chez les ovins. L'agalaxie est typique chez les brebis et les chèvres allaitantes. Mortalité chez les jeunes.
        • Porcs
        • Des lésions podales sévères peuvent apparaître notamment chez les animaux élevés sur les sols en béton. La mortalité est souvent élevée chez les porcelets.
        • Lésions
        • Vésicules ou ampoules sur la langue, le bourrelet gingival, les gencives, les joues, le palais, le voile du palais les lèvres, les narines, le museau, le bourrelet podal, les trayons, le pis, le groin chez les porcs, le derme des onglons postérieurs et les espaces interdigités.
        • Lésions post-mortem sur les piliers du rumen et sur le myocarde, notamment chez les jeunes animaux ("coeur tigré").
        • Diagnostic differentiel
        • Maladies non différenciables par le tableau clinique :
        • Stomatite vésiculeuse
        • Maladie vésiculeuse du porc
        • Exanthème vésiculeux du porc
        • Autres diagnostics différentiels
        • Peste bovine
        • Maladie des muqueuses
        • Rhinotrachéite infectieuse bovine
        • Fièvre catarrhale du mouton
        • Thélite bovine
        • Stomatite papuleuse bovine
        • Diarrhée virale bovine
        • Diagnostic biologique
        • Proc&eacut

Publié dans Maladies Animales

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