Cameroun: Grippe aviaire : la stratégie nationale dans tous ses axes

Publié le par Jean Marc

Cameroun: Grippe aviaire : la stratégie nationale dans tous ses axes


 

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Bertille M. Bikoun

Le gouvernement prévoit environ trois milliards pour prévenir et combattre la maladie en cas d'épidémie déclarée.

Depuis la découverte, le 8 février dernier, du premier foyer de la grippe aviaire dans l'Etat de Kano, au Nigeria, c'est la panique dans le reste du continent. Une panique d'autant plus justifiée que depuis lors, le virus H5N1, la forme hautement pathogène de la grippe aviaire, s'est non seulement répandu au Nigeria, mais il a gagné plusieurs autres pays : l'Egypte et le Niger. L'inquiétude a également gagné les populations camerounaises, compte tenu de ce que le pays partage une frontière d'environ 2000km avec le Nigeria.

Afin de contenir la menace de cette épizootie, le Premier ministre Ephraïm Inoni, par un arrêté du 17 février 2006, a créé un comité ad-hoc chargé de définir une stratégie nationale, de coordonner les interventions et veiller à la mise en oeuvre des mesures de prévention et de lutte contre cette maladie qui se signale à nos portes. Une première réunion dudit Comité a eu lieu le 21 février, au cours de laquelle le ministre en charge de l'Elevage, des Pêches et des Industries animales, Aboubakary Sarki, avait présenté la situation sanitaire du pays, le plan de lutte et les contributions subséquentes des autres participants.

Lundi 27 février dernier, le secrétaire général adjoint des services du Premier ministre, Emmanuel Nganou Djoumessi, a présidé une deuxième rencontre au cours de laquelle il était question de l'examen des modalités de financement des mesures de prévention du Comité de lutte contre la grippe aviaire. Cette rencontre a connu la participation des ministères techniques concernés : l'Elevage, la Santé publique et l'Economie et les Finances, entre autres.

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Afin de protéger les populations animale et humaine contre le virus H5N1, un plan sectoriel d'urgence a été défini. Celui-ci s'articule autour de deux axes : la prévention et la phase épidémique proprement dite. La première phase repose sur "le renforcement du cadre institutionnel et législatif, des capacités d'action au plan logistique et humain, de la surveillance des frontières et l'ensemble du territoire, la préparation d'un dispositif de lutte et l'élaboration et la mise en oeuvre d'une politique de communication", rapporte le communiqué final relatif à cette rencontre. En cas de déclaration de l'épizootie, la stratégie nationale prévoit la mise en oeuvre du plan de lutte à travers l'extinction des foyers, la circonscription de l'épizootie, la poursuite des activités de surveillance et de contrôle, le renforcement des actions de coordination et l'intensification de la communication. Le coût de ces opérations est évalué à plus de deux milliards 622 millions de francs Cfa.

Après des rencontres avec les responsables des pays de la sous région Afrique de l'ouest en charge des questions liées à la grippe aviaire, il est question qu'une mission constituée de bailleurs de fonds internationaux et d'experts du système des Nations unis séjourne au Cameroun. Celle-ci, d'après le Sga des services du Premier ministère, pourrait avoir des entretiens avec les membres du comité ad-hoc chargé de la lutte contre la grippe aviaire. A court terme, le gouvernement devra acquérir 2 millions d'unités de vaccins, les prépositionner en cas de virus déclaré (10.000 traitements demandés dans un premier temps) et équiper les laboratoires comme le Lanavet de Garoua et le Centre Pasteur du Cameroun, à Yaoundé.

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