Les Hantavirus

Publié le par Jean Marc


Grippes, méningites, pneumonies…

En 1986, C. J. Peters, directeur du laboratoire P4 au CDC, écrivait : « Le spectre complet des infections attribuables à des virus proches du virus Hantaan reste à définir et peut inclure des syndromes grippaux, des méningites et des pneumonies hémorragiques. » Ces lignes prémonitoires, qui précédaient de peu l’apparition de la maladie des Indiens navajos, restent d’actualité. Le spectre complet des maladies dues aux Hantavirus et leur distribution géographique pourraient être complétés par une surveillance accrue, en particulier en Asie du Sud et en Afrique.
En 1983, une enquête sérologique réalisée parmi les populations humaines de Casamance, au Sénégal, nous a permis de révéler des prévalences inconnues à ce jour pour le virus Hantaan (16,5 %), mais sans maladie associée. Dès le début des années 1980, on soupçonnait la présence de virus proches des Hantavirus en Afrique centrale. En 1986, nous avons révélé le premier cas d’infection humaine par un Hantavirus en République centrafricaine. Depuis lors, le virus n’a jamais été isolé, des évidences sérologiques laissent à penser que les Hantavirus circulent aussi en Afrique, mais leur pathogénicité reste inconnue. En Asie du Sud, d’autres Hantavirus que ceux reconnus comme hautement pathogènes pour l’homme ont été isolés, cependant ils n’apparaissent pas jusqu’ici responsables d’infections humaines ; nous avons récemment démontré en Thaïlande qu’il existe un syndrome clinique associé à des cicatrices sérologiques spécifiques d’une infection par un Hantavirus. Là encore, le virus causal reste à isoler.
Au vu des données récentes et de la grande diversité des tableaux cliniques induits par les Hantavirus, il faudrait ré-entreprendre des recherches pour identifier les syndromes éventuellement associés à un Hantavirus de distribution localisée et associé à un hôte spécifique.
Marc FEUSSOM
 
 
 

Publié dans Epidémiologie Animale

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