Voyager avec son animal...

Publié le par Jean Marc

Voyager avec son animal, ça ne s'improvise pas et ça ne nécessite pas que de l'amour. Dès que l'on choisit de mettre les pattes hors de nos frontières, les difficultés s'accumulent. La plupart des pays cherchent à se prémunir des maladies véhiculées par les animaux, ce qui se comprend. De manière générale, ne comptez pas partir avec votre animal sur un coup de tête : il faudra vous renseigner auprès de l'ambassade du pays de destination des semaines, voire des mois à l'avance. Demandez les papiers à présenter à la douane, les vaccinations obligatoires et les certificats de santé qui vont avec, tout en sachant que certaines inoculations sont exigées jusqu'à six mois à l'avance ! On ne vous conseille pas d'essayer de tricher, les douaniers manquent d'humour et n'hésiteront pas, au mieux à confisquer votre compagnon, au pire à l'euthanasier. Tout est question d'organisation…
ATTENTION ! Si vous voyagez à travers plusieurs pays, pensez à vous renseigner sur les formalités d'entrée dans chacun d'entre eux. Il vous faudra parfois faire pratiquer des vaccinations ou des examens supplémentaires pendant l'une de vos étapes.

Races acceptées à l'étranger

Première question à se poser : votre python royal a-t-il le droit d'entrer dans le pays où vous vous rendez ? Sachez par exemple qu'en Islande et en Polynésie française, l'importation d'animaux vivants est interdite, sauf en cas de dérogation (si vous comptez emménager dans le pays, par exemple).

La plupart des pays sont moins radicaux, mais ils peuvent tout de même refuser l'entrée de certaines espèces sur leur territoire. C'est le cas notamment pour les races de chiens jugées dangereuses. Ainsi, les pitt bulls et les dogues argentins sont refusés au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Norvège. Les singes ne sont pas les bienvenus au Japon (sauf ceux en provenance d'un nombre restreint de pays) et au Canada… qui n'accepte pas non plus les écureuils !

L'importation de jeunes animaux n'est pas toujours autorisée, car on ne les vaccine pas contre la rage avant l'âge de trois mois. C'est ainsi que le Canada n'acceptera pas votre toutou avant cet âge. Attention également, le nombre d'animaux admis sur un territoire est parfois limité : l'Autriche, par exemple, n'en accepte que deux par voyageur.

Une question délicate, enfin : celle des nouveaux animaux de compagnie (les NAC pour les initiés), charmantes araignées, serpents et autres scorpions " domestiques ". Ces espèces exotiques sont souvent protégées par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), qui est le fruit d'accords internationaux visant à réglementer le commerce d'espèces menacées. Si votre animal est inscrit sur la liste des espèces protégées par la convention, il vous faudra demander avant de partir un permis auprès de l'organisme national habilité à le délivrer.
Pour la France, contactez le ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement, direction de la nature et des paysages, bureau des échanges internationaux d'espèces menacées : 20, avenue de Ségur, 75007 Paris. Tél. : 01-42-19-19-03.
Pour savoir si votre animal est inscrit sur la liste de la CITES, contactez cette même adresse, ou bien rendez-vous sur le
site de la convention. Si ce n'est pas le cas, renseignez-vous tout de même auprès de l'ambassade pour savoir s'il est accepté dans le pays. Il faudra parfois faire une demande préalable de permis d'importation. C'est le cas notamment des lapins et perruches en Suisse et au Canada.

Identification

En France, depuis le décret du 28 août 1991, l'identification des chiens, chats et furets (les " carnivores domestiques ") est obligatoire, dès l'instant où ils ont été vendus ou cédés gratuitement. Elle doit être réalisée chez un vétérinaire, par tatouage d'un numéro ou à l'aide d'une micropuce implantée sous la peau (mais celle-là, elle ne gratte pas). Votre animal de compagnie est alors référencé dans un fichier national, géré par la Société centrale canine (SCC) ou le Syndicat national des vétérinaires en exercice libéral (SNVEL), et vous obtenez une jolie carte d'identification à son intention. Pratique en cas de perte. Mais comme il y a toujours un monde entre la théorie et la réalité, nombreux sont encore les toutous et les matous qui échappent à la règle. Sachez cependant que vous devrez impérativement vous y plier si vous partez à l'étranger, mais également en France, si vous souhaitez séjourner dans certains campings ou hôtels, qui l'exigeront.

Vaccinations et traitements antiparasitaires

Renseignez-vous auprès des ambassades sur les vaccins exigés selon les pays. Celui contre la rage est incontournable (voir plus bas), car malgré le bon Pasteur, ce virus transmissible à l'homme n'est toujours pas éradiqué de la planète. Le vaccin antirabique doit être inoculé, à partir des trois mois de l'animal, par un vétérinaire agréé, et être suivi d'un examen sérologique au minimum un mois après pour s'assurer de son efficacité. Selon les pays et les espèces, on exigera des vaccins supplémentaires : maladie de Carré et leptospirose notamment pour le chien (Norvège, Suède). Des traitements antiparasitaires peuvent également être imposés aux chiens et chats (contre l'échinocoque en Finlande et au Royaume-Uni). Faites très attention aux délais, car certains pays peuvent exiger un traitement antiparasitaire effectué deux jours à l'avance, comme d'autres réclameront un vaccin inoculé six mois avant l'entrée sur leur territoire.

Les sésames qui vous ouvriront les frontières : les certificats, qu'ils soient de vaccination ou de bonne santé, rédigés par un vétérinaire agréé (par la Direction des services vétérinaires de votre région ou par les autorités étrangères). Le certificat de bonne santé, à défaut d'une kyrielle de vaccins, est très souvent demandé : chiens, chats, lapins, canaris, tortues, lézards, couvées… tout le monde y a droit !

Prévoir le retour en France
Depuis 2001, la France est déclarée indemne de rage. Une bonne nouvelle lorsqu'il s'agit d'emmener son animal à l'étranger, car on vous y fait moins de difficultés. En revanche, le retour implique des exigences supplémentaires envers votre chien ou votre chat. Un certificat sanitaire rédigé, dans les dix jours précédant le retour, par un vétérinaire du pays de provenance et agréé par le ministère français de l'Agriculture, sera réclamé. Il doit être bilingue pour les pays non francophones. Un modèle est disponible sur le
site du ministère des Affaires étrangères. Le vaccin contre la rage doit avoir été inoculé depuis plus de trente jours, ce qui signifie qu'un animal de moins de quatre mois ne peut rentrer sur le territoire français, à moins qu'il ne soit accompagné par sa mère.
Lorsque la nouvelle réglementation européenne entrera en vigueur le 3 juillet 2004 (voir plus loin), il faudra également effectuer un titrage d'anticorps. Celui-ci devra avoir lieu au minimum trente jours après la vaccination, et trois mois avant le retour en France. Si votre séjour n'est pas aussi long, il faudra faire les analyses avant le départ, toujours dans ce délai de trois mois avant le retour ! En gros, si vous vous y prenez moins de quatre mois à l'avance pour le vaccin, Choupette devra rester à la maison…
À noter que ces mesures sont également valables pour les déplacements depuis les TOM vers la métropole (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, etc.).

Quelques pays particulièrement stricts

Le Royaume-Uni n'impose plus la rebutante quarantaine de six mois, qu'il a remplacée par une réglementation assouplie. Connue sous le nom de PVAC (Programme de voyage des animaux de compagnie) ou Pet Travel Scheme, elle reste cependant très stricte. Attention donc à bien remplir les conditions, parmi lesquelles : l'animal ne doit pas avoir séjourné hors des pays participant à ce programme dans les six mois qui précèdent l'entrée sur le territoire, il doit avoir au moins trois mois, être identifié par micropuce, être vacciné contre la rage et avoir fait l'objet d'un test sérologique, avoir subi un traitement antiparasitaire et entrer dans le pays par des itinéraires autorisés. Pour plus de précisions, consulter le site de l'ambassade de Grande-Bretagne en France.

Sachez que d'autres pays n'ont pas renoncé à la quarantaine : c'est le cas notamment de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Japon. Elle risque d'être accompagnée d'une série d'examens et d'inspections qui seront à vos frais… Pas la peine, donc, d'y emmener Choupette pour quinze jours de vacances, vous ne la récupéreriez qu'au retour.

Le futur passeport européen pour les animaux de compagnie

Pour cause d'harmonisation de la réglementation des mouvements des animaux de compagnie au sein de l'Union européenne, ceux-ci devront bientôt présenter leur passeport ! En clair, le Parlement et le Conseil de l'Union européenne ont adopté une nouvelle réglementation, qui sera appliquée à partir du 3 juillet 2004.

Les chiens, chats et furets à partir de trois mois devront montrer patte blanche en présentant un passeport délivré par un vétérinaire agréé, qui attestera de leur vaccination antirabique en cours de validité. Pour les plus jeunes, la vaccination ne sera pas exigée, mais ils devront tout de même présenter leurs papiers.

Pendant les huit premières années suivant l'application de la nouvelle réglementation, l'identification par tatouage ou micropuce sera acceptée. Une fois cette période expirée, seule la micropuce sera considérée comme valable.

Trois pays obtiennent cependant un délai. Le Royaume-Uni, l'Irlande et la Suède exigent pour les chiens et chats l'identification par micropuce. Pendant une période transitoire de cinq ans, éventuellement renouvelable, ils réclameront également un test sérologique pour s'assurer de la présence d'anticorps contre la rage.

Enfin, votre lézard, votre grenouille, votre canari ou votre cochon d'Inde n'auront probablement besoin que d'un certificat de bonne santé. Ah, l'ouverture des frontières !

Les assurances

Ne jouons pas les oiseaux de mauvais augure, mais on n'est jamais à l'abri d'un pépin, et loin de chez soi, les choses deviennent vite plus compliquées. Les plus prévoyants pourront donc prendre une assurance pour leur petit monstre.

Brutus s'est enfoncé une épine d'oursin dans le coussinet ?
Les animaux aussi ont leur sécu ! Il existe des assurances qui prennent en charge les frais vétérinaires de votre animal, qu'il s'agisse des soins pour une maladie ou qu'ils soient chirurgicaux. Certaines proposent également un forfait pour la prise en charge du coût des vaccinations. De même, elles pourront financer son rapatriement en cas de problème grave.

Mistigri s'est fait les griffes sur la banquette arrière du taxi ?
Pensez à prévenir votre assureur habituel que vous emmenez votre compagnon avec vous. Avec votre assurance habitation multirisque, les éventuels dégâts qu'il pourrait occasionner seront ainsi remboursés.

Trouver un lieu d'accueil (pour ne pas se retrouver à la niche)

Avant de partir, assurez-vous que votre animal sera bien accepté sur votre lieu de villégiature ! Le mieux est de demander directement à l'hôtel ou au camping s'ils autorisent sa présence, et sous quelles conditions. Il se peut que seuls les petits animaux soient acceptés : votre saint-bernard risque d'être plus difficile à loger qu'un caniche… Vous pouvez également appeler les offices de tourisme, qui recensent les établissements accueillant les animaux.

En ce qui concerne les chiens d'assistance, si d'après la loi française, ils sont autorisés dans tous les hôtels, centres de vacances et restaurants, ce n'est pas toujours le cas à l'étranger. N'hésitez pas à appeler l'ambassade ou l'office de tourisme du pays où vous comptez vous rendre, ils vous indiqueront les établissements qui les acceptent.

Si vous partez au bord de la mer, n'oubliez pas que de nombreuses plages sont interdites aux animaux. Là aussi, pour éviter l'amende, renseignez-vous avant d'aller faire trempette avec Médor ! Pour vous aider, la fondation 30 Millions d'Amis et la SPA ont mis en ligne des listes non exhaustives de plages acceptant les baigneurs à quatre pattes.

Dans les bagages de Rintintin

Un voyage peut être stressant, voire angoissant pour votre compagnon. Comme les animaux à deux pattes que nous sommes, il peut également avoir le mal des transports. Vous pourrez l'apaiser en lui administrant des médicaments homéopathiques avant le départ :

- Pour prévenir les vomissements : deux comprimés de Cocculine, ou dix gouttes de Nausédyl, deux fois par jour, quatre jours précédant le voyage et le jour du départ.

- Contre l'excitation : une dose de Nitri Acid 9 CH la veille et une autre au moment du départ. Vous pouvez aussi lui donner cinq granules de Nux Vomica 7 CH et cinq granules de Belladona 9 CH au départ.

Si les médecines douces ne vous séduisent pas, surtout n'administrez pas de médicaments allopathiques à votre animal comme vous le feriez pour vous-même ! Il risquerait de très mal le supporter. Seul votre vétérinaire est habilité à vous prescrire le calmant ou l'anti-nauséeux qui conviendra le mieux à votre compagnon.

L'arrivée dans un lieu inconnu ne devrait pas être pour lui un traumatisme insurmontable. Au contraire, c'est un nouveau territoire à explorer ! Mais vous pouvez l'aider à trouver ses repères plus rapidement en emportant avec vous ses objets familiers : panier, couverture, écuelle, jouets, etc.

Le cas des animaux d'assistance

Certains pays assouplissent les restrictions à l'entrée sur leur territoire dans le cas des animaux d'assistance. Par animaux d'assistance, il faut comprendre les chiens guides des personnes atteintes d'un handicap sensoriel (cécité partielle ou complète, sourds et malentendants) ou les chiens dits d'assistance ou d'accompagnement pour les handicapés-moteurs. Généralement, il s'agit de chiens très dociles : labrador, golden retriever ou berger allemand. Ils sont homologués et dressés dans des centres spécialisés (ANECAH, FFAC…).

Le Canada exempte ainsi les chiens guides des formalités imposées à leurs congénères, à condition qu'ils entrent sur le territoire en même temps que leur maître. Mais n'oubliez pas que votre chien, qu'il soit d'assistance ou non, est avant tout un chien ! Pour faciliter son acceptation à l'étranger, comme pour sa propre sécurité, faites-le donc tatouer et vacciner avant le départ.

Source : ROUTARD

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