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Mercredi 14 novembre 2007
Dr MAMADOU SOULEYMANE DIALLO : Hommages et témoignages
 

Né le 21 mai 1933 à Kaolack, Dr Mamadou Souleymane Diallo a été rapperà Dieu le 23 juin 2007, à l’âge de 74 ans. Il était marié et père de six enfants.

Mamadou Souleymane Diallo est diplômé de l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort en France et de l’Institut d’élevage et de médecine vétérinaire des pays Tropicaux (1960). En 1960, il retourne au Sénégal pour y occuper d’importantes fonctions :

• Directeur du Crz de Dahra de 1960 à 1967 ;

• Directeur de l’Elevage et des Industries animales de 1968 à 1978 ;

•Directeur général de la Seras de novembre 1979 à décembre 1989.

Dr Marnadou Souleymane Diallo avait fait de Dahra le phare de la recherche zootechnique qu’on venait visiter de partout, d’Afrique et même d’Europe. La décennie qu’il a passée à la Direction de l’Elevage a été une expérience de toute richesse. Mais, c’est dans les fonctions de Directeur général de la Seras qu’il a donné la mesure de sa réelle valeur. Il a déployé tout le tact et toute l’activité nécessaire pour développer cette société.

Il a su l’organiser et lui assurer une gouvemance transparente et efficace. La Seras était souvent citée comme exemple de société en bonne santé financière.

Mamadou s’était opposé avec une énergie sublime à la privatisation de la Seras. Il avait prédit la situation que vit actuellement cette société.

Le talent de gestionnaire de Mamadou Souleymane Diallo et le sens élevé qu’il avait de l’Etat étaient connus de tous. C’est la raison pour laquelle, le président de la République, qui le suivait depuis Dahra, l’avait nommé secrétaire d’Etat aux Ressources animales en 1986. Choix ne pouvait être plus pertinent. Mais oh quel malheur pour le secteur de l’Elevage car Mainadou était tombé malade et n’a jamais occupé ce poste ministériel.

Mamadou Souleymane Diallo était un homme humble et d’une probité intellectuelle sans commune mesure. Il incarnait pour nous la dignité, la confraternité, la sérénité et l’honnêteté. Il inspirait le respect.

On n’a jamais vu Mamadou Souleymane Diallo en colère. On ne l’a jamais entendu dire du mal de quelqu’un. Mamadou Souleymane Diallo était un homme bien, un homme de bien.

Membre actif de l’Ordre des docteurs vétérinaires du Sénégal, Dr Souleymane Diallo a été Président de l’Association nationale des vétérinaires du Sénégal (Anvs) de 1985 à 1992.

Merci à Mbossé Ndiaye, ton épouse, notre épouse. Mbossé, tu as été admirable de dévouement durant la longue maladie de notre « ancien ». Et, c’est parce que tu es pétrie de valeurs rares de nos jours : humilité, fidélité, discrétion, une très grande transcendance par rapport aux biens matériels. Tes enfants sont fiers d’avoir un père et une mère avec tant de qualités et ils sont dignes.

L’ « ancien », tu n’es pas mort. Tu es là à nos cotés. Nous sentons ta présence à chacune de nos rencontres. Et, nous nous sommes souvent surpris à te poser nos problèmes, parce que tu es pour nous une source d’inspiration.

L’ « ancien », nous continuons de prier pour toi afin qu’Allah le Tout Puissant, le Misericordieux t’agrée dans son Paradis.

L’ORDRE DES DOCTEURS VÉTÉRINAIRES DU SÉNÉGAL (ODVS)

par Jean Marc publié dans : Vétérinaires Célebres
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Samedi 6 mai 2006

FAO/24262/S. Casetta
Jacques Diouf
Directeur général
Organisation des Nations Unies
pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)


La Conférence des Nations membres, organe directeur suprême de la FAO, élit un Directeur général à la tête de l'Organisation.

Le Directeur général actuel, le Dr Jacques Diouf, du Sénégal, a commencé un premier mandat de six ans en janvier 1994; il a été réélu pour un second mandat de six ans en janvier 2000, puis pour un troisième en janvier 2006.

Pour plus d'informations : Cliquer ici

par Jean Marc publié dans : Vétérinaires Célebres
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Samedi 6 mai 2006

Un livre à lire .. Un vétérinaire en colère du docteur Charles Danten

Un vétérinaire en colère - Essai sur la condition animale

Résumé :

En Syrie, en 1946, on fit la découverte d'un enfant qui se comportait comme une gazelle. Il avait les chevilles et les genoux anormalement gros et il se déplaçait en faisant des bonds prodigieux. Capturé et confié à une famille, cet enfant totalement sauvage n'arriva jamais à s'adapter à la captivité. Il ne pensait qu'à se sauver. Il pouvait meme sauter du premier étage de sa maison avec une facilité qui déconcertait sa famille adoptive. Pour l'empecher de fuir, on finit par lui couper les tendons d'Achille.

Il y a eu, au cours de l'histoire, plusieurs enfants qui, abandonnés très jeunes dans la nature, ont été recueillis et élevés par une autre espèce animale. Il y a eu des enfants singes, des enfants porcs, des enfants léopards, des enfants ours et plusieurs enfants loups. Tous ces enfants se comportaient comme les animaux qui leur avaient servi de modèles. Ils mangeaient exactement comme eux et, dans les limites de leurs capacités physiques, ils se déplaçaient en imitant leurs gestes.

Le cas le plus illustre est celui des enfants loups Amala et Kamala, découverts en 1920 en Inde par le Dr Singh. Ces deux petites filles, que l'on avait trouvées tapies au fond d'une tanière de loups, avaient d'épaisses callosités aux mains, aux coudes, aux genoux et à la plante des pieds. Après les avoir confiées temporairement à des villageois, le Dr Singh les retrouvera une semaine plus tard amaigries et presque mortes de faim et de soif, abandonnées dans l'enclos où elles avaient été enfermées. Abreuvées de force et nourries à la main pendant quelques jours, elles furent ensuite amenées dans un orphelinat.

Ces enfants se comportaient exactement comme des loups. Elles laissaient pendre leur langue en imitant leur halètement et se déplaçaient penchées en s'appuyant sur les mains. Elles lapaient les liquides et prenaient leur nourriture le visage vers le bas et en position accroupie. Elles avaient un goût exclusif pour la viande et donnaient volontiers la chasse aux poulets ou déterraient les charognes qu'elles trouvaient. Elles mangeaient les entrailles d'abord, à la façon caractéristique des loups, et manifestaient une photophobie (crainte de la lumière) et une nyctalopie (capacité à bien voir la nuit) marquées. Elles restaient dans un état de prostration la journée entière, n'en sortant que la nuit pour essayer en hurlant de s'évader de leur prison. Ces petites filles dormaient très peu, environ quatre heures par jour. Amala et Kamala grondaient lorsqu'on les approchait et faisaient montre d'une forte hostilité envers les humains. Elles étaient toujours sur le qui-vive, hypervigilantes, bougeaient la tete continuellement d'avant en arrière. Elles étaient indifférentes face aux enfants et quelque peu intéressées par les chiots et les chats. Amala est morte un an après sa découverte et Kamala l'a suivie huit ans plus tard.

Le Dr Singh a raconté le cheminement psychologique de Kamala. Au début, la mort de sa soeur la fit sombrer dans une grave dépression. Elle refusait de s'alimenter. Pendant six jours, elle resta tapie dans un coin, ne sortant de sa torpeur que pour chercher partout sa compagne en reniflant la moindre odeur qu'elle aurait pu laisser. Ce n'est que neuf mois plus tard qu'elle devint un peu moins sauvage. Elle acceptait un biscuit de Mme Singh et s'approchait d'elle lorsqu'elle distribuait du lait. Elle se laissait donner des massages très fréquents, pour assouplir son corps et ses articulations, si bien qu'au bout de trois ans elle était tellement attachée à cette femme qu'elle manifestait en son absence des signes de détresse émotive marquée. Elle errait dans le jardin, l'air piteux, en attendant le retour de Mme Singh qu'elle accueillait en bondissant de joie et en se précipitant à sa rencontre.

Après dix mois de séjour au couvent, la motricité de Kamala avait commencé à s'humaniser et elle était capable de tendre la main et de saisir un objet. Après un an, pour la première fois, elle s'était tenue debout toute seule. Quelques années plus tard, elle était en mesure de marcher en station verticale comme les humains. Avec le temps, son comportement s'assouplit et se diversifia et elle devint capable d'accomplir certaines tâches utiles, comme surveiller les bambins de l'orphelinat, nourrir les poules et chasser les corbeaux. Lorsqu'elle mourut, en 1929, elle pouvait parler relativement bien avec un vocabulaire d'une cinquantaine de mots. Curieusement, elle est morte comme sa soeur d'une néphrite (maladie des reins) et d'un œdème généralisé.

François Truffaut, dans son film L'Enfant sauvage, raconte en détail une autre histoire aussi célèbre, celle de Victor de l'Aveyron. Cet enfant, capturé en 1797 nu dans un bois du Tarn, en France, puis mis en tutelle à Paris, avait vécu, contrairement aux deux soeurs loups, dans un isolement radical et total, sans aucun contact intime meme avec une autre espèce. Abandonné très jeune dans les bois, il avait dû apprendre à se débrouiller seul pour survivre.

Lorsqu'on l'a découvert, il n'avait aucune notion de langage et s'exprimait par des grognements. Il se regardait dans un miroir sans avoir conscience que c'était lui qu'il voyait. Il était insensible au froid et au chaud et pouvait se rouler nu dans la neige avec beaucoup de plaisir. La flamme d'une bougie sur sa peau le laissait indifférent et il était capable de prendre avec les mains directement dans l'eau bouillante les pommes de terre dont il était friand. Il pouvait meme prendre avec la main, malgré une peau très fine, des tisons ardents. Il restait imperturbable lorsqu'un coup de fusil était tiré derrière lui, mais réagissait au bruit d'une noix qu'on écale. Cet enfant était strictement végétarien et ne mangeait que des glands, des tubercules et des châtaignes crues. Il n'aimait que l'eau et n'éprouvait que mépris pour les sucreries, l'alcool et les épices. Il était indifférent à la puanteur. Victor pouvait rester de longs moments assis près d'un petit lac, le regard absent, dans une profonde méditation. La nuit, il sortait pour regarder la lune pendant des heures et, à la moindre occasion, il se sauvait dans les bois environnants. On le retrouvait parfois une semaine plus tard, tout sale, sans habits, les yeux brillants d'une étrange lueur.

Le Dr Jean Itard, interprété dans le film par Truffaut lui-meme, un pionnier de l'éducation des enfants déficients, était convaincu que cet enfant n'était pas idiot et que «l'homme n'est pas né mais construit». Il le prit en charge et s'employa, avec la ténacité d'un pit-bull, à le rééduquer et à le civiliser. Il eut des résultats convaincants qui ont contribué à sa réputation, mais, malgré tous ses efforts, cet enfant demeura quand meme plus ou moins sauvage et mal socialisé jusqu'à sa mort, en 1848.

 


Il n'est pas certain que toutes ces histoires d'enfants sauvages soient vraies. En effet, sauf pour celles de Victor de l'Aveyron, de Gaspard Hauser et de quelques autres cas relativement récents, ces histoires sont souvent mal documentées. On peut les croire le fruit d'imaginations fertiles. Mais, meme inventées, elles nous permettent d'entrevoir les effets psychologiques que peuvent avoir la capture et la captivité sur les animaux. Chez la plupart des espèces animales, ces effets sont plus difficiles à déterminer, car les betes ne s'expriment pas dans notre langage. L'ennui d'un chien, l'agressivité d'un oiseau, la peur d'un reptile, la détresse d'un cheval ou d'un chat passeront souvent inaperçus, meme si ces betes vivent toutes à des degrés variables un désarroi identique à celui d'Amala, de Kamala, de Victor et des autres. Plus loin dans ce livre, je décrirai en détail à la fois ce langage méconnu et les conséquences de la captivité qui demeurent largement ignorées du grand public.

Le cas de ces enfants démontre aussi très clairement que le développement d'un etre comporte une période critique au cours de laquelle on peut exercer une influence durable sur son identité, son caractère et son comportement futurs. La fidélité, le dévouement, l'attachement, l'amour que les animaux domestiqués semblent nous témoigner n'ont pas la noblesse que nous leur attribuons par anthropomorphisme (tendance à attribuer aux animaux des sentiments, des pensées et des besoins humains). Ces sentiments ne sont que le résultat de l'exploitation d'un mécanisme biologique présent chez tous les animaux, y compris l'etre humain, comme en font foi les histoires d'enfants sauvages. Au début de l'évolution, nous avons profité inconsciemment de ce mécanisme, puis, plus tard, en pratiquant un eugénisme impitoyable.

Pour plus d'information

 

par Jean Marc publié dans : Vétérinaires Célebres
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