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Médecine Vétérinaire au Cameroun

Vendredi 10 mars 2006

Grippe aviaire : Amchidé, la passoire. ( INFOS AU CAMEROUN )


Dieudonné Gaïbaï
Amchidé

La ville frontalière avec le Nigeria ne dispose pas de moyens efficaces de lutte contre cette terrible épizootie.

C'est au détour de deux plaques et de quelques bornes (faites en bois) indiquant la nationalité du territoire que le reporter réalise qu'il est à la frontière Camerouno-Nigérianne. Ici, la nature n'a pas laissé de traces, la frontière étant " artificielle ". Des hommes et femmes vont et viennent à pied ou à moto, sans gêne, d'un pays à l'autre, au nez et à la barbe des administrations douanières et policières du Nigeria et du Cameroun, lassés par la récurrence des échanges commerciaux et la convivialité légendaire entre les deux peuples.

Amchidé, côté camerounais, et Banki, sa consoeur nigériane, ont décidément tout en commun. Le CFA et le Naïra font bon ménage dans les porte-monnaie. Quelques personnes se sont d'ailleurs érigées en agents de change, établissant ainsi une parité de circonstance entre les deux monnaies. A propos des langues, vecteurs d'échanges et de partage, le Kanouri semble tout trouvé pour renforcer les liens d'amitiés existant entre ces peuples que seules la nationalité vient diviser. A la vérité, Amchidé la Camerounaise, située dans le Mayo Sava et seulement à environ 25 km de Mora, son chef lieu, est coupé au reste du département par un mayo.

Ce mercredi, jour du marché local, les populations viennent de partout pour faire des emplettes. Véhicules, motos et vélos sont mis à contribution pour faciliter les mouvements de personnes. Au poste des Douanes de Banki, on confirme l'interdiction de la vente de la volaille sur l'ensemble du territoire du " Borno State ". Le brigadier de douanes Sunday Nwaneri signale, en effet, que " depuis que la grippe aviaire sévit au Nigeria, les autorités fédérales et fédérées du Nigeria ont interdit la vente du poulet sur tous les marchés. La douane du Borno applique ces prescriptions à la lettre, même comme vous savez qu'il est difficile de mettre au pas tout le monde."

A un jet de pierre de cette unité de Douane, des compartiments se distinguent ; reflétant ainsi la gamme des produits variés qu'on trouve dans ce marché. Dans le secteur jadis réservé à la volaille, la timidité est au rendez-vous. Ils ne sont pas nombreux à s'arrêter un temps soit peu devant les poulets présentés. Pour Mustafa Chehou, commerçant nigérian rencontré en début de matinée, " les gens ont peur de venir acheter le poulet, non pas parce qu'il y a la grippe aviaire. Ils ont peur des représailles de la police. Encore que pour nous, la grippe aviaire ne nous concerne pas. Cette maladie attaque les poulets qui ont été élevés dans les fermes à l'aide des substances chimiques. Nos poulets ici sont d'origine paysanne. En tout cas, les clients, la semaine dernière, sont venus acheter des poulets alors que la mesure d'interdiction était déjà prise. Les Camerounais aiment beaucoup notre poulet parce qu'il est moins cher et plus succulent. Comme d'habitude, ils viendront avec d es véhicules pour faire leurs achats. "

A l'exemple de Mustafa, la majorité des commerçants rencontrés sur l'ensemble du marché frontalier de Banki ignorent et semblent ne pas mesurer les risques de contamination que peut causer la consommation du poulet infecté par l'"influenza aviaire " hautement pathogène.

A Amchidé par contre, il n'existe pas de compartiments destinés à la vente de la volaille. Issiakou Yaou, habitant d'Amchidé, confie : " il n'y a pas d'étals de poulets à Amchidé. Cela même avant l'arrivée de cette maladie. Pour que nos parents puissent vendre les poulets, ils sont obligés de nous envoyer à Banki où il y a un marché dédié à la volaille. " Ce qui conduit, apprendra-t-on, les populations camerounaises à s'approvisionner en territoire nigérian.

Porosité

Et pourtant, cette zone frontalière fait l'objet d'une attention particulière de la part du gouvernement camerounais dans le plan de riposte élaboré depuis l'annonce de l'arrivée, au Nigeria, de la grippe aviaire. Une mission interministérielle y a séjourné la semaine dernière, dans le dessein de toucher du doigt les difficultés de lutte que rencontrent les administrations représentées ici. Face au mal, le petit peuple est imperturbable et les habitudes ont la peau dure.

Dans les restaurants et autres points de restauration, le poulet tient encore le haut du pavé dans les commandes de plats. Et les restaurateurs ne ménagent point d'effort pour que le client soit satisfait. Un fait qui montre combien la naïveté est grande au sein de cette population davantage sous informée des risques de la maladie.

Le plan d'urgence mis en oeuvre par le gouvernement est relativement appliqué ici. Le Dr Gaston Beïdi, chef de service provincial des services vétérinaires à la délégation provinciale de l'Elevage, des Pêches et des Industries animales de l'Extrême Nord, déclare : " à notre niveau, nous avons mis sur pied des postes spéciaux de contrôles sanitaires, et vétérinaires en vue de filtrer les véhicules et autres moyens de transport qui auraient échappé aux contrôles des postes frontaliers comme celui de Amchidé. Cependant, les efforts de ces 24 unités spéciales resteront vains, si on ne met pas à notre disposition les moyens nécessaires. Il faut du matériel roulant, des équipements de protection (cache nez, masques, bottes, gangs ) si on veut contrer la maladie. Pour l'instant, nos moyens de préventions ne sont pas adaptés à l'ampleur du problème." Mais, ajoute t-il, " quelques actions d'éclat sont visibles sur le terrain. A Doublé, nos agents ont saisi près de 140 oeufs d'origine nigériane. Samedi dernier, à Frolina, des oies en provenance de ce pays ont été mises en quarantaine. Des prélèvements ont été effectués, on attend plus que les conclusions du Centre Pasteur de Garoua. "

Les produits prohibés et liés à la grippe aviaire que sont les oiseaux, porcins et leurs produits dérivés, réussissent l'exploit de traverser les barrières douanières et de l'élevage érigées aux frontières entre le Nigéria et le Cameroun. Une situation due pour l'essentiel à la porosité des frontières. A Amchidé, les pistes qui mènent au marché sont multiples et échappent au contrôle des autorités installées à la frontière. Un douanier camerounais présent à la frontière confie d'ailleurs : " même dans le cadre de nos activités de lutte contre la contrebande et la fraude des produits, il est très difficile de maîtriser les entrées et les sorties des populations et des biens qu'ils emportent. Pour la volaille qu'on combat aujourd'hui, certains traversent la frontière à pied, contournent les montagnes pour arriver dans leurs localités.

Qu'est-ce que nous pouvons faire? Le personnel est insuffisant, le matériel aussi. La frontière ne ressemble à rien, puisqu'on peut passer d'un pays à l'autre sans en être inquiété. Si la maladie là arrive dans l'Etat du Borno, je crains pour notre pays. "

Et pourtant, le chef du secteur des douanes de l'Extrême Nord, Marcel Damna, se veut rassurant : " la douane a pris une part active dans les opérations de mise en oeuvre du plan de lutte élaboré par le gouvernement. Nos unités ont été informées des mesures prises. La volaille et les porcins en provenance du Nigeria font désormais partie des produits prohibés et, comme tels, ne sont pas autorisés dans notre pays. "

Oiseaux morts

Les mesures d'interdiction prises ont vraisemblablement influencé les habitudes alimentaires. A Banki, le poulet qui se vendait jadis entre 1200f et 1500f, se marchande depuis quelques semaines en deçà de 1000f, quel que soit son poids. A Mora, l'effet contraire est observé. Les prix de la volaille oscillent entre 2000f et 2500f, contre 1500f et 2000f il y a quelques semaines. Pour ce qui est des oeufs frais, l'alvéole est vendue à Maroua à 1350 francs, contre 1800f en janvier dernier. Même cette chute des prix de la volaille et de ses produits dérivés ne convainc pour autant pas les consommateurs d'Amchidé. Boubawa Djobdi affirme qu' " il est très difficile pour nous de savoir quel est le poulet qui est infecté.

C'est pourquoi dans ma famille, on ne consomme plus le poulet. Surtout que la mission du ministère qui est venue vendredi dernier a constaté qu'a Mora des oiseaux morts ont été trouvés. " Une information confirmée plus tard par les responsables de la délégation provinciale de l'élevage qui ont par ailleurs affirmé que les dits oiseaux ont été conduits au LANAVET (Laboratoire National Vétérinaire) pour études.

Pour l'instant, on redoute l'arrivée dans les zones humides (Fotokol, Lac Maga ) des oiseaux migrateurs en provenance du Nigeria et qui pourraient emmener avec eux l'influenza aviaire hautement pathogène. Dans les zones de Rhumzu, Boukoula, Mogode Rhumsiki et Boumya dans la Mayo-Tsanaga la porosité des frontières est affirmée et les moyens humains ne sont pas suffisants pour sécuriser nos frontières.

Par Jean Marc
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Vendredi 10 mars 2006
Appui : 61 millions Fcfa pour des éleveurs de porcs  au Cameroun
C'était le point d'orgue de la cérémonie de lancement du programme de développement de la filière porcine.
Brice R. Mbodiam

Ainsi donc, malgré la multiplication, ces derniers temps, des points de vente de porc braisé devant les débits de boissons des principales villes du pays, la filière porcine camerounaise avait quelque peu du plomb dans l'aile, du fait des ravages de la "peste porcine africaine", maladie porcine qui provoque souvent des pertes estimées à 15 milliards Fcfa chaque année. C'est après avoir fait cette révélation qu'Aboubakar Sarki, ministre camerounais de l'Elevage, a placé sous le signe de la renaissance la cérémonie de lancement du Programme de développement (Pdfp) de la filière porcine au Cameroun, qu'il a présidé dans les locaux flambants neufs du Pdfp hier, au quartier Mvog-Betsi à Yaoundé.

Ce programme a pour objectif général, selon les responsables du ministère de l'Elevage, de "lever les contraintes liées à la présence de la peste porcine africaine et d'améliorer l'apareil de production”. Concrètement, il s'agira, tout au long de ce programme financé sur les fonds Ppte, a indiqué le Dr Marcel Casimir Ndongo, Coordonnateur national du Pdfp, de "mettre à la disposition des porticulteurs des souches animales de race améliorée, d'offrir un appui technique gratuit aux éléveurs à travers des techniciens nommés dans chaque département, de promouvoir la salubrité publique par le découragement des abattages clandestins, d'améliorer la santé du cheptel porcin...".

Selon les responsables du Pdfp, des appuis financiers sont prévus pour des éleveurs qui se seront illustrés par leur détermination à participer au développement de la filière porcine au Cameroun. D'ailleurs, la cérémonie de lancement d'hier a servi de cadre à la signature des cahiers de charges entre les responsables du Pdfp et 31 groupes d'éleveurs, qui bénéficieront d'un appui financier d'un montant global de 61 millions Fcfa. En plus de l'appel à l'implication de tous les acteurs de la filière porcine dans ce "programme qui se veut participatif", le ministre Aboubakar Sarki a prescrit une "utilisation judicieuse des fonds mis à la disposition" du Pdfp. "Des contrôles seront renforcés", a-t-il prévenu.

Le programme de développement de la filière porcine s'étendra sur 6 ans et fait partie de la stratégie de développement du secteur de l'élevage mis en place au ministère de l'Elevage. Financé sur les fonds Ppte, le Pdfp apporte son appui à des acteurs de la filière porcine, qui remplissent un certain nombre de critères: "être de préférence membre d'une organisation de producteurs structurée, dépose une requête auprès des responsables du programme, signer les cahiers de charges avec le Pdfp et s'engager à les respecter scrupuleusement ...".
Par Jean Marc
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Vendredi 10 mars 2006
(15-02-2006)
La campagne " On plume l'Afrique " a mobilisé, dès l'automne 2004, les citoyens européens autour des importations massives et incontrôlées de poulet congelé en Afrique. Au Cameroun, la campagne nationale a ouvert la voie à une relance de la filière avicole nationale et constitue une première mobilisation citoyenne réussie.

Depuis deux ans, le poulet camerounais renaît de ses cendres. En 2005, seules 5000 tonnes de découpes de poulet congelé européen étaient autorisées sur le marché national, alors que le volume d'importation dépassait 22 000 tonnes en 2003. Une partie des aviculteurs nationaux ont repris leur activité, occasionnant un bon de 60 % de la production nationale entre les mois de septembre 2004 et 2005.

La raison de cette reprise de l'aviculture camerounaise tient à la mobilisation d'acteurs de la société civile autour de l'Acdic (Association citoyenne pour la défense des intérêts collectifs) contre les importations de poulet congelé européen sur les marchés africains, en particulier le Cameroun.

L'Acdic a lancé, en 2003, une enquête ambitieuse sur ce système d'importations qui conduit à déverser des tonnes de poulet européen de mauvaise qualité et à bas prix grâce aux subventions perçues dans le cadre de la politique agricole commune (900 FCFA le kilo, soit 1,37 €, contre 2500 FCFA, soit 3,81 € pour le poulet de chair camerounais). Les résultats de cette enquête socio-économique, reprise par l'ensemble des médias, font l'effet d'une bombe. L'enquête révèle la main mise de quelques importateurs et exportateurs qui se partagent le marché. De plus sur un plan sanitaire, l'Institut Pasteur de Yaoundé montre que 85, 3 % des 212 échantillons de poulet congelé prélevés, sont impropres à la consommation.

L'Acdic, dont le président Bernard Njonga est aussi le secrétaire général de l'ONG de développement rural Saild (Service d'appui aux initiatives locales de développement), travaille ensuite à fédérer l'ensemble des parties prenantes du dossier afin d'atteindre les pouvoirs publics.

Le 18 février 2005 se déroule le premier " Atelier multi acteurs pour la relance de la filière avicole nationale ", en présence du ministre de l'Elevage, des opérateurs privés (aviculteurs et syndicat interprofessionnel, vétérinaires...), des ONG comme l'Acdic ou la Ligue des consommateurs camerounais.
L'Atelier avait porté ses fruits avant même son déroulement. La limitation des importations à 5000 tonnes par an était déjà validée et la loi de finance 2005 avait réinstauré les taxes d'importations sur le poulet congelé, ainsi qu'une taxe supplémentaire dite " sanitaire ".
Pour la première fois au Cameroun, des organisations de la société civile avaient réussi à mobiliser pouvoir public, secteur privé et citoyens autour du thème de la souveraineté alimentaire. " Quand vous expliquez la mondialisation à travers les importations de poulet congelé, tous les Camerounais comprennent. C'est une occasion formidable pour nous de mobiliser la population ", explique Bernard Njonga.

Un an après cet atelier, la situation des aviculteurs camerounais reste périlleuse. Le 23 novembre, le Minepia (ministère de l'Elevage) autorisait l'importation de 2650 tonnes supplémentaires de poulet congelé. Soit une semaine après avoir publié un décret d'interdiction totale des importations en raison des risques de propagation de la grippe aviaire (Une décision peu justifiée du point de vue des modes de propagation de la maladie, mais qui prend en compte l'absence totale de traçabilité des poulets congelés exportés par des opérateurs européens, principalement Hollandais, Belges et Français). Le ministre de l'Elevage, Aboubakar Oumarou Sarky, justifiait cette autorisation d'importation par les risques de pénurie durant la période des fêtes qui connaît une forte augmentation de la demande. " Le problème est que les pouvoirs publics ne se donnent pas les moyens de contrôler si au lieu de 2650, ce ne sont pas 5000 tonnes qui vont rentrer. Le Minepia est encore truffé de gens corrompus et nous les connaissons ", soulève Bernard Njonga.

" J'ai commencé à faire du poulet en 1994, alors qu'il n'y avait pas d'importation, explique André, un petit éleveur de Bafoussam, dans l'Ouest du Cameroun. J'ai dû arrêter un temps à cause des importations. Quand l'Acdic a fait sa campagne, nous avons tous repris espoir. J'ai réinvesti de l'argent pour reprendre mon activité. Mais si le Minepia recommence à importer, que va-t-on devenir ? Le Minepia, c'est le ministère de la production, pas des importations. "

L'Acdic, fort du soutien populaire (12000 adhésions en deux ans) et de l'appui des médias a organisé une marche dans les rues de Yaoundé le 17 janvier (voir FOCUS ci-dessous). Objectif : protester contre l'importation de poulet congelé et rappeler les engagements pris par le Minepia lors de l'atelier de février 2005 : créer un fonds de relance de la filière avicole nationale et instituer un observatoire de la filière.

Le fonds de relance, que les aviculteurs n'ont pas attendu pour réinvestir, devrait aider à effacer les carences de la filière qui souffre encore d'une sous-production de la provende (nourriture des poulets) et surtout du peu de structures d'abattages semi industrielles.

Si la filière avicole guette encore tout retournement de la situation en sa défaveur, la campagne menée par l'Acdic a déjà acquis un succès définitif, celui d'avoir réussi à mobiliser la société civile sur la protection de l'économie locale. Une première dans un pays rongé par la corruption qui pousse chacun à défendre, d'abord, ses intérêts particuliers.


FOCUS : PREMIÈRE MOBILISATION CITOYENNE ET INTERNATIONALE

Le 17 janvier 2006 pourrait faire date dans l'histoire de la société civile camerounaise. Pour la première fois, une marche citoyenne a réuni plus de 2000 personnes d'horizons les plus divers à Yaoundé. Un succès amplifié par la présence de leader altermondialistes tels que José Bové, porte-parole de Via Campesina et François Traoré, président de l'Aproca, association des producteurs de coton d'Afrique de l'Ouest.

Malgré l'interdiction préfectorale de la manifestation, les forces de l'ordre n'ont pu empêcher les manifestants qui avaient voyagé jusqu'à trois jours, depuis l'Extrême nord, de se rassembler devant les locaux de l'Acdic, dans le centre de la ville. " Ce n'est pas grave si nous avons fait du surplace, exultait Bernard Njonga, la marche a eu lieu ". José Bové, venu soutenir les aviculteurs camerounais, avant de rallier le Forum social de Bamako relevait le caractère emblématique de la mobilisation camerounaise : " La capacité de mouvement vient de ce lien réussi entre société civile et monde rural (...) Ce qui a fait date en France, c'est le démontage du Mac Do contre les importations de bœuf aux hormones. Il y a un parallèle étonnant " avec la campagne contre le poulet congelé.

Novethic | P Chibani
Par Jean Marc
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